vendredi, 27 mars 2020 11:40

Travail de création comme agent transformateur/Creative work as agent of transformation

Photographie, danse, écriture, dessin: mon travail de création est enraciné dans les empreintes organiques laissées par le quotidien.  

Photography, dance, writing, drawing: my creative process is rooted in the organic imprints left by everyday life.

 

(English version bellow) 

Depuis le 13 mars 2020 mon quotidien est anxiogène. Impossible de faire abstraction des poumons qui oppressent le cœur, de l’envie incontrôlable de manger en alternance chips à l’aneth et chocolat même si ça me donne mal au coeur ou de disperser la grisaille qui pèse sur mon esprit. À l’instar de l’arcane XVI, La Maison Dieu, où l’éclair divin fend la tour de son courroux, la pandémie virale fissure ma structure psychique. 

Les remparts minutieusement édifiés au cours de l’enfance et de l’adolescence afin de survivre à une myriade de chocs affectifs, sont fêlés par l’isolement involontaire, l’insécurité financière et la perte de contrôle sur mon quotidien.

Mon travail de création est donc nourri par l’anxiété. Depuis quelques jours, je visite les chambres clandestines de ma demeure révélées par les failles de la tour. Je m’assieds dans l’inconfort des décombres pour laisser émerger les vulnérabilités revenantes sur lesquelles j’ai édifié un monde où ma sécurité est souveraine.

Quelle occasion privilégiée pour prendre soin des parties souffrantes de l’être, celles reléguées aux oubliettes par manque de ressources intérieures ou par réflexe de survie.  

L’écriture, le dessin, les marches en solitaire, la méditation, deviennent des besoins intrinsèques et les spectres de la petite enfance, des moteurs de création.


Photography, dance, writing, drawing: my creative process is rooted in the organic imprints left by everyday life.

Since March 13, 2020, my daily life has been anxious. It’s impossible to ignore the lungs that oppress the heart, the uncontrollable urge to alternate between eating dill chips and dark chocolate even if it makes me feel sick or disperse the greyness that hangs over my mind. Like Arcane XVI, The Tower, where the divine lightning cleaves the tower of its wrath, the viral pandemic is cracking my psychic structure.

The ramparts painstakingly built during childhood and adolescence to survive a myriad of emotional shocks are cracked by involuntary isolation, financial insecurity and loss of control over my daily life. 

My creative work is therefore fueled by anxiety. For the past few days, I have been visiting the clandestine room of my home, revealed by the fissures of the tower. I sit in the discomfort of the rubble to let the haunted vulnerabilities emerge over which I have built a world where my security is sovereign. 

What a privileged opportunity to take care of the suffering parts of the being, those relegated to oblivion for lack of internal resources or by reflex of survival. 

Writing, drawing, walking alone, meditation become intrinsic needs and the specters of early childhood become engines of creation.

Facebook