Projet Perséphone


Projet Perséphone c’est l’exploration multidisciplinaire en trois temps d’une quête identitaire aride entamée au crépuscule de la trentaine avec comme trame le mythe hellénique de la Coré.

seuils est le visage versifié du projet. Poème inspiré à la fois d’une vertigineuse introspection et d’une version du mythe réinterprétée par la danseuse et mythologue Laura Melling.

Projet Perséphone est également exprimé par une série d’autoportraits photographiques illustrant la restriction et la pénombre nécessaire à la métamorphose d’une graine en cotylédon; d’une chenille avant l'éclosion des ailes ou d’une psyché inconnue d’elle-même en un individu rayonnant son propre soleil.

La dernière strate est une chorégraphie dans laquelle le corps danse une descente dans les régions inhospitalières et rarement explorées de la conscience.

 

 
seuils

sur les cendres de la volonté
émergence le corps occulte

brèche sternale 
rousse descente 
vers le domaine de Perséphone

premier portail
arche d'ébène
elle remet au gardien
les perles qui ornent ses lobes pubères
bracelets d'argent
collier d'or

second portail
la forge d'Héphaïstos
consume jupe de soie
corsage en lin
mais surtout
le voile tissé
des douces mains de Déméter

au seuil du ventre de la terre
crânes de Yaga
aux orbites enflammées

immobile elle écoute
le chant de la moelle des ancêtres

embrasure de crépuscule
au gardien de l'ombre
elle offre son masque de bois
gangue du cambium de l'enfance

il exige tout
arrache les peurs
figées sur sa peau fauche
les lambeaux de camouflage
 femmes à l'odeur de musc
dont elle cherche l'approbation
dans la forêt identitaire

nue
seule
brisée
aveugle
aux confins du territoire archaïque
elle traverse la passerelle de corde
niché entre le cœur et la fleur

étreinte charnelle
de la vierge et la douairière

la fille accouche
la mère

gueule ouverte
figé par l'aquilon des désirs

immensité blanche
séchée par le froid
des regrets

le consort la nourrit
de pêches
mûries sur l'arbre de la reconnaissance
nectar de sagesse
du ciel
de la terre
repue elle s'endort

jusqu'à la poussée de sève
elle émerge des profondeurs
sans Déméter pour la tirer
ni Hadès la retenir

une planche à la fois
elle construit le pont
qui la mène à l'été

 
 
 

 

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